De la naissance au vêlage, les poids à viser pour des génisses laitières performantes
La maîtrise de la croissance dès la naissance conditionne les futures performances laitières des génisses. Pour accompagner les éleveurs, les experts de la filière du bovin lait ont établi des repères de poids permettant d’optimiser la première lactation.
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« Il n’y a jamais de kilos en trop jusqu’à 6 mois », affirme Xavier Sys, conseiller en élevage et expert en génisses. Lors d’une formation sur l’alimentation des génisses laitières organisée par Seenorest, il est revenu, aux côtés de Manon Gossiaux, également conseillère en élevage, sur les principaux repères de poids qu’un éleveur doit garder en mémoire pour conduire au mieux son troupeau.
100 kg au sevrage
Les 56 premiers jours de vie de l’animal sont déterminants car ils représentent un potentiel laitier important. À deux mois, le poids influe déjà sur la première lactation. Selon l’expert en génisses, un gain de 100 g/j au présevrage permet 200 à 225 kg de lait en plus à la première lactation. Ce phénomène s’explique par le développement mammaire de l’animal, qui se réalise de la naissance au 56e jour de vie.
Le sevrage, qui a lieu autour de 10 semaines, est une étape importante. Pour que tout se déroule au mieux, l’animal doit peser au minimum 95 kg, idéalement 100 kg. Autrement dit, entre la naissance et le sevrage, le poids doit être multiplié par 2,5. « Quand on n’a pas les 100 kg, il ne faut pas hésiter à ajouter une ou plusieurs semaines de phase lactée », conseille Xavier Sys. Une fois le sevrage effectué, l’éleveur doit continuer à optimiser la croissance de l’animal, en visant 140 à 145 kg à 4 mois au minimum.
Jusqu’à 240 kg à 6 mois
L’objectif de l’éleveur est de maximiser le poids de ses animaux à 6 mois afin de ne pas pénaliser la production laitière. Une étude récente a démontré qu’un veau pesant moins de 170 kg à l’âge de 6 mois verra sa productivité en première lactation pénalisée de 1,4 kg de lait par jour par rapport à ses congénères pesant plus de 200 kg.
Ainsi, l’éleveur doit viser un strict minimum de 200 kg à 6 mois, idéalement 220 kg, ce qui représente un gain moyen quotidien (GMQ) de 1 000 g/j entre la naissance et l’âge de 6 mois. Aujourd’hui, certains élevages très performants frôlent 240 kg de moyenne.
640 kg au vêlage
Pour un vêlage à 24 mois, l’éleveur doit viser environ 420 kg à l’insémination artificielle (IA) pour ses génisses. Cela représente un GMQ entre 6 mois et l’âge à la première IA autour de 800 g/j, afin d’obtenir le poids avant IA le plus élevé possible.
Pour arriver à un premier vêlage encore plus jeune, à 21 ou 22 mois, l’éleveur aura tout intérêt à performer au maximum avant 6 mois, pour atteindre 230 à 240 kg. L’IA pourra intervenir dès 12 à 13 mois, à condition que les jeunes génisses aient atteint minimum 400 kg, soit une croissance entre l’âge de 6 mois et l’IA de 900 à 1 000 g/j, pour un poids avant vêlage à 620 kg. Un tel niveau de croissance après 6 mois sera difficilement compatible avec une période de pâturage avant la gestation.
Pour un vêlage plus tardif, autour de 30 mois, parfois justifié pour des raisons de saisonnalité des vêlages par exemple, l’éleveur peut se permettre un poids à 6 mois plus modéré, sans toutefois être en dessous de 200 kg. L’objectif de poids à l’IA sera de 480 kg à 21 mois, soit une croissance autour de 600 g/j. En effet, un vêlage tardif implique une génisse proche de son gabarit adulte avant son premier vêlage (670 kg).
« Il est primordial de peser ses animaux », précise Xavier Sys. La pesée régulière permet de déterminer une date d’IA prévisionnelle et également d’ajuster le dosage des traitements vétérinaires.
[Vidéo]Les poids à viser pour des génisses laitières performantes (11/03/2026)
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